Medusa Marseille change la donne pour les agences web et les consultants SEO de la région : le câble sous‑marin Medusa a été officiellement débarqué à Marseille le 8 octobre 2025, première étape européenne du projet (segment Marseille, Bizerte). Cette première phase a été déclarée prête pour le service début 2026 et ouvre d’ores et déjà des capacités et des routes critiques entre l’Europe et l’Afrique.
Pour les acteurs digitaux locaux , agences web, opérateurs d’hébergement et clients SaaS , l’arrivée de Medusa représente une opportunité concrète d’améliorer la performance perçue des sites, de réduire les coûts de transit et d’augmenter la résilience des architectures. Dans cet article nous expliquons les caractéristiques techniques, les partenariats locaux et les actions pratiques pour tirer parti de cette nouvelle infrastructure.
Medusa : un câble, des capacités massives
Le système Medusa, porté par AFR‑IX Telecom (Medusa Submarine Cable System), totalise environ 8 760 km une fois achevé et reliera près de 19 points d’atterrissage dans 12 pays du corridor méditerranéen. Les segments du projet proposent jusqu’à 24 paires de fibres avec une capacité annoncée d’environ 20 Tbit/s par paire de fibres, une conception pensée pour très haut débit et diversité de routes.
Le projet a mobilisé des fournisseurs industriels reconnus : Nokia a été sélectionné pour fournir l’équipement de transmission optique (juillet 2025) et Alcatel Submarine Networks est cité comme fournisseur de câble pour certaines portions. Le montage financier totalise environ 342 millions d’euros, avec un soutien significatif de l’Union européenne via le mécanisme CEF (~38,3 M€) et un appui de la BEI lié aux efforts de connectivité et recherche (~40 M€).
Les atterrages récents confirment l’avancée du calendrier : Marseille (8 octobre 2025), Bizerte (novembre 2025) puis Nador (16 décembre 2025), avec le reste des points de débarquement planifié tout au long de 2026. Le projet prévoit également des phases ultérieures étendues vers le Portugal, la mer Rouge/Jordanie et l’est de la Méditerranée en 2026, 2027.
Marseille, hub stratégique et campus de datacenters
Marseille confirme son rôle de hub de câbles sous‑marins : les opérateurs locaux et la presse spécialisée indiquent que la ville accueille désormais environ 17 câbles sous‑marins, faisant de MRS une des portes majeures entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Orange est le partenaire d’atterrage pour la France et met à disposition ses infrastructures marseillaises pour Medusa.
La proximité immédiate de grands campus de colocation comme MRS1 et MRS4 (Digital Realty / Interxion) crée un écosystème « carrier‑dense » idéal pour les agences web qui souhaitent héberger des sites et des CDN près des atterrages. L’anneau de fibre urbain d’Orange apporte un accès direct et sécurisé à l’écosystème des data centers, facilitant peering et interconnexions.
Comme le souligne Michaël Trabbia, CEO d’Orange Wholesale, « Avec cet atterrage, Orange renforce la souveraineté numérique de l’Europe et positionne Marseille comme hub digital mondial », rappelant l’impact stratégique de l’arrivée de Medusa dans la cité phocéenne.
Impacts directs pour les agences web et le SEO
L’amélioration de la capacité et la réduction de latence vers l’Afrique du Nord et l’Europe influent directement sur les métriques Core Web Vitals de Google : LCP (Largest Contentful Paint), INP (Interaction to Next Paint) et CLS. Des temps de chargement plus courts grâce à un hébergement local ou des PoP CDN à Marseille permettent d’améliorer ces indicateurs, ce qui aide les pages à mieux se classer selon les signaux de Page Experience de Google.
Au‑delà du SEO, la performance mobile a un impact business mesurable : Think With Google rappelle que plus de la moitié des visites mobiles sont susceptibles d’être abandonnées si une page met plus de 3 secondes à charger. En pratique, réduire la latence transméditerranéenne et déployer des caches locaux augmente le taux d’engagement et diminue le taux de rebond, traduisible en valeur commerciale pour les clients des agences.
Pour une agence SEO, ces gains se traduisent par des améliorations concrètes des métriques utilisateurs et des KPI clients : meilleures conversions, sessions plus longues et signaux de qualité client renforcés. Ces bénéfices sont d’autant plus atteignables grâce à l’augmentation de capacité et au modèle open‑access de Medusa.
Open‑access, peering et économies opérationnelles
Medusa est déployé sur un modèle open‑access à de nombreux points d’atterrage, ce qui permet à plusieurs opérateurs, CDN et hyperscalers de s’interconnecter directement. Ce mode diminue les barrières à l’entrée pour les petits opérateurs et les agences qui recherchent des options d’hébergement ou de caching peu coûteuses et performantes.
Le modèle open‑access combiné au peering local réduit les coûts de transit et offre une meilleure redondance : les entreprises peuvent choisir des parcours physiques et fournisseurs différents (paires de fibres distinctes), limitant l’exposition aux ruptures de service. Tunisie Telecom, par exemple, a réservé une paire de fibres dédiée sur le segment Marseille, Bizerte, illustrant l’intérêt des opérateurs pour des ressources dédiées et fiables.
Le soutien de la CEF et de la BEI sur des volets connexes (recherche, éducation, projets comme ATMED) a aussi pour effet de mutualiser une partie des investissements en connectivité, rendant l’accès à des liaisons haut débit plus abordable pour les acteurs locaux et régionaux.
Sécurité, résilience et risques opérationnels
Les câbles sous‑marins restent une colonne vertébrale critique d’Internet (les trackers sectoriels rapportent environ 597, 600 systèmes en 2025 et plus de 95, 99 % du trafic intercontinental transitant par la fibre sous‑marine). Cela explique pourquoi la diversification des routes et la multiplication des atterrages sont prioritaires pour améliorer la résilience.
Les risques existent : coupures physiques, interventions de réparation longues ou risques de sécurité. C’est précisément la raison pour laquelle de nouveaux itinéraires comme Medusa sont importants , ils offrent une redondance géographique et commerciale qui réduit la probabilité d’une panne généralisée pour les services hébergés à Marseille.
Les institutions européennes et la BEI ont d’ailleurs encadré Medusa comme un projet renforçant une connectivité résiliente et cyber‑sécurisée entre l’Europe et l’Afrique du Nord, avec des bénéfices pour les réseaux de recherche et d’éducation. Ioannis Tsakiris, vice‑président de la BEI, a souligné ces dimensions lors de la communication autour de l’atterrage à Nador.
Comment les agences peuvent capitaliser dès maintenant
Actions immédiates : héberger les actifs clients dans un datacenter marseillais (MRS1/MRS4), déployer des PoP CDN locaux et configurer le peering avec des opérateurs présents sur l’anneau urbain. Ces mesures réduisent la latence pour les marchés méditerranéens et améliorent LCP/INP, deux éléments évalués par Google pour le ranking.
Technique & stratégie : adopter une architecture multi‑chemin (multi‑provider, multi‑paires de fibres), utiliser le modèle open‑access pour négocier des coûts de transit plus bas, et mettre en place un monitoring continu des Core Web Vitals via Search Console, PageSpeed Insights et outils RUM pour lier clairement gains de performance et résultats SEO/commerce.
Enfin, anticipez l’évolution du réseau : la mise en service du premier segment début 2026 et les atterrages supplémentaires prévus en 2026, 2027 étendront progressivement la portée commerciale vers le Portugal, la mer Rouge et l’est de la Méditerranée. Planifiez des offres ciblées pour les marchés nord‑africains et méditerranéens, en tirant parti des améliorations d’accès et des partenariats locaux (inwi, Orange Maroc, Tunisie Telecom).
En résumé, l’arrivée de Medusa à Marseille est plus qu’une nouvelle liaison : c’est un catalyseur d’opportunités pour les agences web et les spécialistes SEO qui sauront aligner architecture technique et stratégie de contenu. Comme l’a déclaré Norman Albi, CEO d’AFR‑IX/Medusa, « En amenant Medusa à Marseille, l’un des principaux hubs numériques européens, nous posons les bases d’un projet qui transformera les communications entre l’Europe et l’Afrique. »
Pour les agences, l’enjeu est clair : combiner hébergement local, peering intelligent et optimisation Core Web Vitals pour convertir la nouvelle capacité en gains SEO et business mesurables. Les ressources primaires (communiqués Medusa, communiqués Orange, documents EU/BEI, et guides Google Core Web Vitals) permettent d’élaborer une feuille de route pragmatique et chiffrée pour tirer parti de cette transformation.